La Confédération des États du Sahel (AES) a affiché lundi, à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, sa volonté de défendre une ligne diplomatique fondée sur la souveraineté et l’indépendance de ses décisions.
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| Karamoko Jean Marie Traoré à l'ONU |
S’exprimant au nom du Burkina Faso, du Mali et du Niger, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie TraoréKaramoko Jean Marie Traoré, a livré une déclaration dans laquelle il a notamment affirmé : « Nous ne demandons à personne la permission d’exister. Nous ne sollicitons de personne un certificat de souveraineté. Nous avançons, unis et debout, parce que notre cause est juste et parce que notre avenir nous appartient. »
Le ministre a replacé cette position dans le processus d’intégration engagé par les trois pays sahéliens. Il a rappelé l’adoption de la Charte du Liptako-Gourma le 16 septembre 2023, puis la création de la Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024.
Au cours de son intervention, Karamoko Jean Marie Traoré a également critiqué ce que les autorités de l’AES présentent comme des « doubles standards » dans le fonctionnement du système international. Il a appelé à une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et à une évolution de la gouvernance financière internationale afin d’accroître la représentation des pays en développement.
La lutte contre le terrorisme au centre du discours
La situation sécuritaire dans le Sahel a occupé une place importante dans la déclaration. Le ministre burkinabè a rendu hommage aux victimes du terrorisme et aux forces de défense et de sécurité des trois pays. Il a également affirmé que des réseaux, y compris des soutiens étatiques selon la position présentée par l’AES, participeraient au financement, à l’armement ou au renseignement de groupes armés. Il a demandé à la communauté internationale d’enquêter sur ces réseaux et de condamner leurs soutiens.
S’agissant du Burkina Faso, le ministre a par ailleurs avancé que plus de 74 % du territoire national seraient désormais sous le contrôle des autorités. Cette donnée constitue une affirmation du gouvernement burkinabè présentée dans le discours et doit être distinguée d'une donnée indépendante établie par une source internationale.
Une nouvelle affirmation de la ligne diplomatique de l’AES
La déclaration prononcée à New York intervient alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger poursuivent la consolidation de leur coopération au sein de leur nouvelle structure confédérale. Les trois pays cherchent notamment à harmoniser leurs positions diplomatiques et à défendre leurs intérêts communs sur la scène internationale.
À travers son intervention devant l’Assemblée générale, l’AES a ainsi réaffirmé son attachement à la souveraineté des États, tout en appelant à une réforme du multilatéralisme et à une représentation accrue de l’Afrique dans les instances internationales.
La formule « Nous ne demandons à personne la permission d’exister », devenue l’un des passages les plus marquants de la déclaration, résume le message diplomatique porté par le Burkina Faso au nom de la Confédération des États du Sahel lors de cette 81ᵉ session de l’ONU.
