Affaire Jovenel Moïse : la Colombie annonce une assistance juridique aux 17 Colombiens détenus aux États-Unis

Le président colombien Abelardo de la Espriella a annoncé, ce mardi, que son gouvernement allait apporter une assistance juridique aux 17 ressortissants colombiens détenus aux États-Unis dans le cadre de la procédure judiciaire relative à l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse.


Le président colombien Abelardo de la Espriella fait une déclaration sur les efforts de reconstruction suite au séisme de lundi, qui a frappé plusieurs grandes villes de l'ouest de la Colombie, au palais San Carlos à Bogota, en Colombie, le 12 août 2026.

Le président colombien Abelardo de la Espriella fait une déclaration sur les efforts de reconstruction suite au séisme de lundi, qui a frappé plusieurs grandes villes de l'ouest de la Colombie, au palais San Carlos à Bogota, en Colombie, le 12 août 2026. © REUTERS - Jose Vargas

Le chef de l’État colombien a également annoncé un soutien économique destiné aux familles des personnes détenues. Ces annonces ont été faites dans une publication diffusée sur son compte officiel sur le réseau social X.

Ce que les autorités colombiennes confirment

Le gouvernement colombien avait déjà confirmé, le 20 septembre, que 17 citoyens colombiens avaient été transférés d’Haïti vers les États-Unis. Selon le ministère colombien des Affaires étrangères, ces ressortissants étaient détenus en Haïti depuis 2021 en raison de leur présumée participation à l’assassinat de Jovenel Moïse.

La Cancillería avait alors précisé que les autorités consulaires colombiennes assuraient le suivi de leur situation, notamment leurs conditions de détention, les contacts avec leurs familles ainsi que le respect de leurs droits et garanties judiciaires.

Le ministère colombien avait également insisté sur un point essentiel : ce sont les autorités judiciaires américaines qui doivent déterminer les responsabilités individuelles dans cette affaire, dans le respect des garanties procédurales.

Le transfert vers les États-Unis a également été confirmé par les autorités haïtiennes. Le ministère haïtien de la Justice avait indiqué que plusieurs personnes soupçonnées dans le dossier avaient été remises aux autorités américaines afin de contribuer à l'établissement de la vérité et à la détermination des responsabilités.

Ce que la justice américaine reproche aux accusés

Selon les informations rendues publiques par la justice américaine, les 17 Colombiens font partie d'un groupe de 30 personnes inculpées aux États-Unis dans le cadre du dossier de l'assassinat de Jovenel Moïse.

Les poursuites américaines portent notamment sur des accusations de complot en vue de commettre un meurtre ou un enlèvement à l'étranger, ainsi que sur une accusation de complot visant à fournir un soutien matériel ayant entraîné la mort.

Il s'agit toutefois d'accusations et non de condamnations. La responsabilité pénale individuelle de chacun doit encore être établie dans le cadre de la procédure judiciaire.

Les 17 Colombiens ont comparu devant un tribunal fédéral à Miami le 21 septembre 2026, après leur transfert depuis Haïti. Lors de cette audience, des avocats commis d'office leur ont été désignés et le calendrier des prochaines étapes judiciaires a été établi.

La position du président colombien

C'est dans ce contexte que le président Abelardo de la Espriella a annoncé son intervention.

Il affirme avoir donné instruction aux ministres colombiens de la Défense et de la Justice de fournir une assistance juridique aux Colombiens détenus aux États-Unis et d'apporter également un soutien économique à leurs familles.

Le président colombien dit vouloir que les responsabilités soient établies individuellement.

Il affirme notamment vouloir « savoir exactement ce qui s'est passé » et que « la responsabilité individuelle de chacun » soit clarifiée. Il a également déclaré qu'il ne laisserait pas ses compatriotes seuls face à leurs difficultés judiciaires.

Ces propos constituent la position politique du président colombien et ne constituent pas une conclusion judiciaire sur l'innocence ou la culpabilité des personnes poursuivies.

Des Colombiens qui affirment avoir été trompés

Dans les procédures antérieures en Haïti, certains des ressortissants colombiens ont affirmé avoir été recrutés pour une mission de sécurité et avoir été trompés sur la véritable nature de leur présence en Haïti.

Ces déclarations font partie des éléments de défense rapportés dans le dossier. Elles ne constituent toutefois pas, à elles seules, une conclusion judiciaire établissant leur innocence.

Une affaire toujours ouverte

L'assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 7 juillet 2021 à son domicile de Pétion-Ville, continue donc de faire l'objet de procédures judiciaires en Haïti et aux États-Unis.

Le ministère haïtien de la Justice avait reconnu en septembre que la procédure en Haïti n'avait pas encore abouti à un procès, tandis que les autorités américaines ont enregistré plusieurs avancées dans leur propre procédure, notamment des arrestations, des inculpations et des condamnations.

L'annonce faite par Abelardo de la Espriella ouvre ainsi un nouveau chapitre diplomatique et judiciaire dans cette affaire. Pour Haïti, l'enjeu demeure le même : faire toute la lumière sur l'assassinat de Jovenel Moïse et déterminer, sur la base des preuves, la responsabilité individuelle de tous ceux qui auraient participé à sa préparation et à son exécution.

À retenir

  • Confirmé : 17 ressortissants colombiens ont été transférés d'Haïti aux États-Unis.
  • Confirmé : ils sont poursuivis devant la justice fédérale américaine dans le dossier Jovenel Moïse.
  • Confirmé : ils ont comparu devant un tribunal fédéral de Miami le 21 septembre 2026.
  • Confirmé : la Colombie assure une assistance consulaire et le président annonce désormais une assistance juridique ainsi qu'un soutien économique aux familles.
  • Accusation américaine : les 17 Colombiens sont poursuivis pour des faits liés au complot ayant conduit à l'assassinat.
  • Non établi définitivement : la responsabilité pénale individuelle de chacun.
  • Position du président colombien : les responsabilités doivent être examinées individuellement et les accusés doivent pouvoir assurer leur défense.

Principal FM

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