Le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a lancé officiellement, le vendredi 9 octobre 2026, à l’Université Quisqueya, le Projet d’Appui à l’Innovation Entrepreneuriale et aux Startups Universitaires (AIESU). Cette initiative vise à accompagner les jeunes porteurs de projets innovants, à favoriser la création d’entreprises et à faire de l’entrepreneuriat universitaire un moteur de la relance économique en Haïti.
Mis en œuvre sur instruction du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, le projet entend rapprocher les universités du secteur productif et offrir aux jeunes les moyens de transformer leurs idées en entreprises viables, capables de générer des emplois durables et de contribuer au développement national.
Le MCI mise sur l’innovation pour relancer l’économie
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a réaffirmé le rôle de l’État dans la promotion de l’innovation et l’accompagnement des initiatives entrepreneuriales. Selon lui, les pouvoirs publics doivent créer les conditions nécessaires pour mobiliser les différents acteurs économiques et encourager l’émergence de nouvelles entreprises.
Le ministre a notamment insisté sur le lien entre l’innovation, la production nationale et la création d’emplois. Il estime que la capacité d’Haïti à inventer et à produire constitue un levier essentiel pour renforcer les activités commerciales, retenir les talents et restaurer la confiance dans l’économie nationale.
Dans cette perspective, James Monazard a invité les entreprises industrielles à soumettre leurs difficultés aux étudiants, aux chercheurs et aux universitaires. L’objectif est de permettre au monde académique de proposer des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les entreprises haïtiennes, tout en favorisant une meilleure adéquation entre la formation universitaire et les besoins du marché.
Dix départements visés par le projet d’incubateurs
L’un des axes majeurs de l’AIESU concerne le développement d’infrastructures destinées à accompagner les jeunes entrepreneurs. Le ministre James Monazard a annoncé que l’incubateur établi à l’Université Quisqueya constitue une première étape dans la concrétisation de cette stratégie.
Un autre incubateur doit prochainement être inauguré aux Cayes, dans le département du Sud. À terme, le MCI ambitionne d’étendre ce dispositif aux dix départements géographiques du pays.
Cette démarche vise à donner aux jeunes entrepreneurs, quelle que soit leur région d’origine, un meilleur accès à l’accompagnement technique et aux ressources nécessaires au développement de leurs projets. Elle pourrait également contribuer à dynamiser les économies locales et à encourager la création d’activités en dehors de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Un accompagnement indispensable à la réussite des startups
Représentant le directeur général du MCI, Roberto Augustin a souligné que la réussite d’une entreprise ne repose pas uniquement sur la qualité de son idée initiale. Les jeunes porteurs de projets ont également besoin de compétences techniques, d’un encadrement adapté et de mécanismes d’accompagnement leur permettant de concrétiser leurs ambitions.
Il a rappelé que le lancement de l’AIESU ne constitue pas une finalité, mais plutôt le début d’un engagement qui devra se traduire par des actions concrètes et structurées.
De son côté, le coordonnateur national du projet, Freud Miguel Renaty, a présenté cette cérémonie comme le passage de la phase technique à la phase opérationnelle. Il a défendu une conception de l’université qui dépasse la simple transmission des connaissances pour faire de l’enseignement supérieur un espace de création, d’innovation et de développement entrepreneurial.
Il a également remercié l’Université Quisqueya pour son engagement dans la réalisation du projet.
Vingt projets sélectionnés pour une première cohorte
Le lancement de l’AIESU a également été marqué par la sélection de vingt projets dans le cadre du concours de présentation de projets, communément appelé « pitch ». Ces initiatives constituent la première cohorte de bénéficiaires de l’accompagnement prévu par le programme.
Les projets retenus devront bénéficier d’un encadrement destiné à favoriser leur développement et leur concrétisation. L’équipe de l’AIESU a par ailleurs rendu hommage aux membres du jury pour leur contribution à l’évaluation et à la sélection des candidatures.
Cette première cohorte représente une étape importante pour les jeunes porteurs de projets, même si les résultats dépendront notamment de la qualité du suivi, de la disponibilité des ressources et de la capacité des entreprises naissantes à s’adapter aux réalités du marché haïtien.
L’Université Quisqueya salue une initiative en faveur de la jeunesse
Prenant la parole lors de la cérémonie, le recteur de l’Université Quisqueya, Jacky Lumarque, a salué l’initiative du MCI et exprimé l’espoir que ce programme permettra de renforcer les capacités entrepreneuriales des jeunes.
Il a également souhaité que cette démarche contribue à offrir de meilleures perspectives à la jeunesse haïtienne dans son propre pays, en lui donnant la possibilité de concrétiser ses ambitions et de participer activement au développement national.
La cérémonie a réuni plusieurs personnalités de l’administration publique et du milieu universitaire, dont le ministre James Monazard, la directrice générale du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Sandy François, ainsi que le recteur Jacky Lumarque.
Un pari sur le potentiel de la jeunesse haïtienne
À travers l’AIESU, le Ministère du Commerce et de l’Industrie entend faire de l’entrepreneuriat universitaire un instrument de création de richesse, de valorisation des compétences et de développement économique.
Toutefois, la portée de cette initiative dépendra de sa capacité à dépasser le cadre des cérémonies officielles pour produire des résultats mesurables : des startups effectivement créées, des entreprises pérennes, des emplois générés et des solutions innovantes adaptées aux besoins du pays.
Dans un contexte marqué par d’importantes difficultés économiques et un manque d’opportunités pour une partie de la jeunesse, l’accompagnement des entrepreneurs apparaît comme un axe potentiel de diversification de l’économie haïtienne.
Avec vingt projets retenus pour cette première cohorte et un objectif d’implantation d’incubateurs dans les dix départements, l’AIESU ouvre ainsi une nouvelle perspective pour l’entrepreneuriat des jeunes. Le défi sera désormais de transformer les ambitions annoncées en réalisations concrètes, capables de soutenir durablement la production nationale et la relance économique d’Haïti.
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