Rentrée judiciaire 2026-2027 : l’APM alerte sur une justice confrontée à l’insécurité et au manque de magistrats

Alors que s’ouvre officiellement l’année judiciaire 2026-2027, l’Association Professionnelle des Magistrats (APM) interpelle une nouvelle fois les autorités sur les difficultés qui continuent de fragiliser le fonctionnement de la justice haïtienne et de limiter l’accès des citoyens aux services judiciaires.

Symbol de la justice 

Dans une note publiée ce lundi 5 octobre, l’organisation met en avant plusieurs obstacles auxquels sont confrontées les juridictions à travers le pays. Le manque de moyens matériels et financiers, l’insuffisance de magistrats, l’état des infrastructures judiciaires et l’insécurité figurent parmi les principales préoccupations soulevées par l’APM.

Des juridictions qui peinent à fonctionner normalement

Pour l’association, ces contraintes ont des répercussions directes sur les justiciables. L’insuffisance d’effectifs dans plusieurs tribunaux complique notamment le traitement des dossiers et peut contribuer à prolonger les délais judiciaires.

La situation du Tribunal de première instance (TPI) de Ouanaminthe illustre cette difficulté. En avril 2026, l’APM avait alerté sur le fait que, depuis l’installation de cette juridiction, seul le doyen avait été nommé, alors qu’aucun autre juge ni juge d’instruction n’avait encore été désigné. L’organisation estimait que cette situation compromettait sérieusement le fonctionnement du tribunal et pénalisait les justiciables de la région.

L’APM avait également souligné que le problème ne se limitait pas à Ouanaminthe, plusieurs tribunaux de première instance et tribunaux de paix fonctionnant avec un nombre réduit de magistrats.

L’insécurité, un autre obstacle majeur

À ces difficultés institutionnelles s’ajoute le contexte sécuritaire qui affecte le fonctionnement de certaines juridictions. L’insécurité peut compliquer le déplacement des magistrats, des avocats, des greffiers, des huissiers et des justiciables, tout en perturbant la continuité des activités judiciaires.

Pour l’APM, la justice ne peut véritablement remplir sa mission si les professionnels qui la rendent et les citoyens qui cherchent à y accéder ne disposent pas de conditions minimales de sécurité.

L’organisation défend également le principe d’une justice indépendante, accessible et capable de fonctionner sans intimidation. Cette préoccupation s’est déjà manifestée en avril 2026, lorsque l’APM avait dénoncé des menaces visant le juge d’instruction Nesly Phélé.

Des moyens à renforcer

Au-delà de la question des nominations, l’APM insiste sur la nécessité d’améliorer les conditions matérielles de fonctionnement des tribunaux. Des infrastructures adaptées, des équipements suffisants et des ressources humaines en nombre adéquat sont indispensables, selon l’organisation, pour assurer un véritable service public de la justice.

L’association appelle ainsi le gouvernement à renforcer la sécurité des juridictions et à leur accorder les moyens nécessaires pour permettre aux magistrats et aux autres acteurs judiciaires de travailler dans des conditions conformes aux exigences de leur mission.

L’accès à la justice au cœur des préoccupations

À travers son message de rentrée judiciaire, l’APM place donc la question de l’accès à la justice au centre du débat. Pour l’organisation, les difficultés auxquelles sont confrontées certaines juridictions ne constituent pas seulement un problème administratif : elles touchent directement les droits des citoyens.

Son président, Marthel Jean Claude, appelle ainsi les autorités à prendre des dispositions concrètes afin de renforcer le système judiciaire et de garantir aux justiciables un accès effectif aux tribunaux.

Alors que débute l’année judiciaire 2026-2027, l’APM souhaite que cette nouvelle période soit l’occasion d’apporter des réponses aux difficultés persistantes du secteur et de créer les conditions nécessaires au fonctionnement régulier des juridictions.

L’enjeu demeure majeur : assurer une justice accessible, efficace et indépendante, dans un contexte où les contraintes sécuritaires, humaines et matérielles continuent de peser lourdement sur le système judiciaire haïtien.

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