La Constitution, miroir d’un peuple en quête de justice

©

Le 29 mars reste une date emblématique dans l’histoire d’Haïti. Elle marque l’adoption de la Constitution de 1987, née dans un contexte de lutte, de rupture et d’espoir. Ce texte n’est pas seulement un ensemble de règles : il incarne la volonté d’un peuple de tourner la page de l’arbitraire pour entrer dans une ère de droit, de liberté et de dignité.

Aujourd’hui, en ce 29 mars 2026, il ne s’agit pas simplement de se souvenir, mais de mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à faire. La Constitution avait pour mission de poser des limites au pouvoir, d’assurer l’équilibre des institutions et de garantir les droits fondamentaux de chaque citoyen. Elle portait en elle une promesse forte : celle d’une société plus juste et plus humaine.

Mais entre cette promesse et la réalité, l’écart est parfois douloureux. Car si les principes sont clairs et nobles, leur application reste inégale. Trop souvent, les lois semblent fragiles face aux intérêts particuliers. Trop souvent, la justice paraît hésitante là où elle devrait être ferme. Et trop souvent, le citoyen se sent abandonné là où il devrait être protégé.

Ce constat ne doit pas conduire au découragement, mais à la prise de conscience. Une Constitution ne vit pas d’elle-même. Elle ne s’impose pas par magie. Elle dépend de ceux qui la portent, qui la respectent et qui la défendent. Elle exige des dirigeants intègres, mais aussi des citoyens engagés, lucides et responsables.

Car la force d’un pays ne repose pas uniquement sur ses textes, mais sur le comportement de ses habitants. Lorsque chacun accepte l’injustice, ferme les yeux sur les abus ou privilégie ses intérêts personnels, c’est toute la société qui s’affaiblit. À l’inverse, lorsque le peuple se lève, réclame ses droits et assume ses devoirs, alors la Constitution retrouve toute sa puissance.

Le 29 mars 2026 doit donc être un moment de vérité. Un moment pour se poser des questions essentielles : respectons-nous réellement les principes que nous célébrons ? Défendons-nous ce qui nous protège ? Sommes-nous prêts à changer nos pratiques pour bâtir un avenir différent ?

Le changement ne viendra pas d’un seul homme, ni d’un simple discours. Il naîtra d’un engagement collectif, d’une volonté partagée de faire mieux, de faire juste, de faire pour tous. Chaque geste compte, chaque voix compte, chaque prise de position compte.

Malgré les difficultés, il reste une certitude : la Constitution demeure une boussole. Elle nous rappelle la direction à suivre, même lorsque le chemin semble incertain. Elle est la preuve qu’un autre avenir est possible, si nous décidons de le construire ensemble.

Que ce 29 mars ne soit pas seulement une date dans le calendrier, mais un point de départ. Un appel à la responsabilité, à l’unité et à l’action.

Car au fond, la Constitution n’est pas seulement un texte fondateur, c’est un engagement vivant, qui attend d’être honoré. 


Par : Me Jean Marie GAUDAR , av. 

     Citoyen Engagé !

Principal FM

radioprincipalfm1@gmail.com

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires