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Le massacre perpétré dans la localité de Séguin constitue un tournant grave dans la crise multidimensionnelle que traverse Haïti. Il ne s’agit pas d’un fait divers tragique de plus, mais d’un révélateur brutal de l’effondrement de l’autorité de l’État et de l’échec manifeste de la gouvernance publique.
En moins d’un mois, des citoyens haïtiens ont été abandonnés à la violence la plus extrême. Des familles ont été décimées, des communautés détruites, tandis que les institutions étatiques, censées garantir la sécurité collective, sont restées silencieuses, absentes, voire indifférentes.
Cette situation pose une question fondamentale : quel est encore le rôle de l’État haïtien ?
Un État qui ne protège pas ses citoyens perd toute légitimité. Un État qui n’agit pas face à des massacres répétés se disqualifie lui-même. Et un État qui tolère l’insécurité devient un facteur aggravant de la crise nationale.
Le drame de Séguin met en lumière trois défaillances majeures :
1. Une incapacité structurelle à assurer la sécurité publique
L’absence de réponse rapide et coordonnée face aux violences traduit une défaillance profonde des appareils sécuritaires et une perte de contrôle du territoire.
2. Une irresponsabilité politique manifeste
Aucune autorité n’a, à ce jour, assumé clairement la responsabilité de cette tragédie. Ce silence institutionnel est inacceptable dans un État de droit.
3. Une rupture du contrat social
Le peuple haïtien, laissé à lui-même, ne peut plus compter sur ceux qui ont la charge de le protéger. Cette rupture fragilise dangereusement la cohésion nationale.
Face à cette réalité, il est impératif d’adopter une posture de vérité et de responsabilité. Le pays ne peut plus être dirigé dans le déni et l’improvisation. Des mesures urgentes et structurantes doivent être prises:
Une mobilisation immédiate des forces de sécurité dans les zones à risque, l'ouverture d’enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur les responsabilités la mise en place d’un dispositif de protection des populations civile et une refondation de la gouvernance sécuritaire basée sur la transparence et la redevabilité
Au-delà de l’émotion légitime, le moment exige une réponse politique forte. Il ne s’agit plus seulement de gérer une crise, mais de rétablir l’autorité de l’État et de restaurer la confiance du peuple.
Le massacre de Séguin ne doit pas rester sans conséquence. Il doit marquer un point de rupture, un sursaut national, une exigence collective de responsabilité. Car sans sécurité, il n’y a ni État, ni nation, ni avenir.
Par : Me Jean Marie GAUDAR, Avocat
Citoyen engagé

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