
Photo du tribunal de Paix de Pétion-Ville| image prise le 2 mars 2026@ Principal FM
Depuis plusieurs mois, un grave conflit d'intérêts oppose les juges entre eux, ainsi qu'entre les juges et les avocats ou les praticiens en droit. Les uns dénigrent les autres, allant jusqu'à se moquer ouvertement d'eux. Cette situation a des conséquences dramatiques pour les personnes qui sont enquêtes de justice auprès des autorités judiciaires de la commune de Pétion-Ville. Une institution de service destiné aux citoyens est convertie en une entreprise privée où les services coûtent chers.
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Pétion-Ville, 2 mars 2026. Le tribunal de paix de Pétion-Ville est situé au milieu d'un marché, à proximité de deux bordels. Des ordures nauséabondes s'y déversent, et lorsqu'il pleut, l'accès au tribunal devient quasiment impossible. Un groupe d'avocats, réunis au sein de l'association « Les élites juridiques d'Haïti », a déjà dénoncé les conditions déplorables dudit tribunal Paix de ladite commune à travers plusieurs courriers adressés au CSPJ, au CPT, aux Maires de Pétion-Ville, au ministère de la Justice et plusieurs interventions dans la presse.
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| Des ordures jonchent les rues de Pétion-Ville à quelques mètres du Tribunal de Paix de la Commune. Image prise par nos confrères Vant Bèf Info et publiée le 7 janvier 2026 |
L'odeur des ordures imprègne ce tribunal, ou plutôt ce que l'on pourrait appeler le tribunal de paix de Pétion-Ville. Une petite salle abrite une dizaine de juges qui se rendent au bureau à leur guise et sont toujours pressés. Leurs principales prestations se limitent à rendre dans certains lieux pour faire des constats et dresser procès-verbal pour de fortes sommes d'argent puis signer des certificats de bonne vie et mœurs; tous les autres services sont quasi inexistants.
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| Un incendie s'est déclaré dans les parages du tribunal de Paix de Pétion-Ville dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026.® Principal FM |
Le déplacement d'un juge de paix coûte au minimum 15 000 à 20 000 gourdes, ce qui rend l'accès à la justice extrêmement difficile pour les justiciables.
La plupart des juges de paix de la commune refusent de recevoir les plaintes des victimes et ne désignent pas de juge dans les délais légaux, d'après les témoignages de plaignants rencontrés sur place, victimes de préjudices corporels ou matériels. « Chaque juge que j'ai rencontré m'a dit qu'il n'esţ pas disponible et me demande d'aller voir un autre. Quand j'arrive à en voir un autre, il s'en fiche ou me disait la même chose », a déclaré un justiciable.
Le conflit d'intérêts réside dans la question de qui se déplace le plus pour des constats, si un avocat ou un juriste n'a pas l'habitude de saisir ce juge pour des constats , il ne bénéficiera pas des services juridiques de la part d'un tel juge, «c'est une institution de business » pour certains.
Le comportement déloyal de certains juges.
«Certains juges ont l'habitude de déclarer à leurs clients que tous les avocats sont des voleurs et que, s'ils veulent comparaître devant eux, ils ne doivent pas venir accompagnés d'un avocat, sinon ils ne les entendront pas», informations ont été recueillies sous couvert d'anonymat.
On se souvient notamment d'un juge qui craignait de s'en prendre à un avocat pendant que celui-ci assistait son client. Cette situation a conduit le conseil de l'ordre des avocats du barreau de Petit-Groâve à porter plainte auprès du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) contre le comportement déloyal de ce juge de Paix.
La justice est le pilier de la nation ; un pays sans justice est un pays voué à disparaître. L'absence de justice engendre vengeance, corruption et bien d'autres maux graves.
Certains avocats, des justiciables et des citoyens de Pétion-Ville demandent aux autorités de l'État, et plus particulièrement au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et au Ministère de la Justice, de prendre au sérieux la situation du Tribunal de Paix de Pétion-Ville afin d'éviter une issue tragique.
Principal FM
radioprincipalfm1@gmail.com


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