La ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dre Sandra Paulemon, a rencontré ce jeudi, à Bangkok, en Thaïlande, le vice-président de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), Hara Shohei. Les échanges ont porté notamment sur le renforcement de la coopération entre Haïti et le Japon, avec un accent particulier sur la création d’emplois, la relance économique et l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables.
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Au cours de cette rencontre, la ministre haïtienne a salué l’engagement historique du Japon en faveur du développement d’Haïti. Elle a également souligné l’importance de la coopération japonaise pour le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, rappelant les contributions du Japon dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’éducation, l’approvisionnement en eau, les infrastructures et le développement agricole.
Un programme à haute intensité de main-d’œuvre envisagé
Dans le cadre du renforcement de ce partenariat, Sandra Paulemon a proposé à la JICA d’explorer la mise en place d’un programme conjoint de travaux à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). Cette initiative viserait à favoriser la création d’emplois tout en contribuant à la réhabilitation des infrastructures communautaires et à l’amélioration de l’environnement des populations.
Le programme envisagé pourrait notamment concerner la réhabilitation des routes rurales, le nettoyage et l’entretien des canaux de drainage et d’irrigation, la protection des bassins versants, le reboisement et la lutte contre l’érosion.
Des travaux de réhabilitation dans les écoles, les centres de santé et d’autres infrastructures communautaires pourraient également être réalisés. L’amélioration de l’assainissement dans les quartiers, ainsi que dans les zones accueillant des personnes déplacées et les communautés hôtes, figure aussi parmi les priorités évoquées.
À travers cette proposition, le ministère entend promouvoir une approche associant la création de revenus à la réalisation de travaux utiles aux communautés. Une attention particulière serait accordée aux femmes, aux jeunes sans emploi et aux ménages vulnérables.
L’expérience de Léogâne mise à contribution
Pour défendre la pertinence de cette initiative, la ministre a rappelé l’expérience de la coopération japonaise dans les travaux de réhabilitation urbaine réalisés à Léogâne après le séisme du 12 janvier 2010.
Ces interventions avaient notamment contribué à l’amélioration des routes et des systèmes de drainage, tout en favorisant l’emploi des habitants touchés par la catastrophe.
Selon l’approche présentée par Sandra Paulemon, cette expérience pourrait servir de référence pour concevoir un programme adapté aux réalités actuelles d’Haïti. L’objectif serait de combiner les besoins urgents en matière d’infrastructures avec des possibilités d’emploi et des actions de renforcement de la résilience des communautés.
Trois demandes adressées à la JICA
Afin de faciliter la concrétisation du projet, la titulaire du ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) a formulé trois principales sollicitations auprès de l’agence japonaise.
La première concerne l’examen des possibilités d’un soutien financier. La deuxième porte sur la mobilisation d’une assistance technique pour l’identification des projets, leur conception et la supervision des travaux. Enfin, la troisième vise à explorer d’autres mécanismes de coopération japonaise, en coordination avec les autorités compétentes, ainsi que des possibilités de cofinancement avec des partenaires multilatéraux.
Pour assurer le suivi de cette démarche, Sandra Paulemon a proposé que la JICA examine conjointement avec le MPCE la faisabilité d’un programme pilote HIMO. Elle a également suggéré la désignation d’un interlocuteur technique chargé de contribuer à l’élaboration d’une première note conceptuelle et à l’identification des mécanismes de financement disponibles.
La coopération élargie à d’autres secteurs prioritaires
Au-delà de la création d’emplois, les discussions ont également porté sur plusieurs autres domaines de coopération, notamment le renforcement des capacités institutionnelles, l’amélioration des services de base, le développement agricole et la gestion des risques.
Ces priorités s’inscrivent dans les orientations du Plan national de relèvement économique et social et de transformation (PNSREST) 2026-2030, présenté comme un cadre de référence pour les actions de développement envisagées.
De son côté, le vice-président de la JICA, Hara Shohei, a réaffirmé la disponibilité de son institution à poursuivre sa collaboration avec Haïti. Il a indiqué que les échanges avec la ministre lui avaient permis de mieux comprendre la situation actuelle du pays et les nouvelles perspectives de coopération susceptibles d’être explorées.
Des rencontres techniques ont été prévues afin d’approfondir les discussions et de mieux définir les formes d’appui que l’agence japonaise pourrait apporter, notamment dans le cadre de la mise en œuvre du PNSREST 2026-2030.
À travers cette démarche, le ministère de la Planification et de la Coopération externe entend renforcer la mobilisation des partenaires internationaux autour des priorités nationales, en faisant de la coopération internationale un levier de création d’emplois, de résilience communautaire et de relèvement économique et social.
La concrétisation de cette initiative dépendra toutefois des conclusions des discussions techniques, de l’identification des ressources financières disponibles et de la mise en place d’un mécanisme de coopération adapté aux besoins du pays.
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