Activement recherché par la police pour financement de terrorisme, l'ex député Arnel Bélizaire arrêté à Pétion-Ville

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Des agents de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ont procédé, dans l'après-midi de ce samedi 14 mars 2026, à l’arrestation de l’ancien député Arnel Bélizaire à l’Hôtel Oasis, dans la commune de Pétion-Ville.

L’ancien parlementaire a été interpellé lors d’une opération menée par des agents de la police judiciaire.

La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a émis, le jeudi 5 février 2026, des avis de recherche contre plusieurs personnalités, dont le maire de Port-au-Prince, Ralph Youry Chévry, l’ancien député Arnel Bélizaire et un dénommé Smith Joseph.

Selon un avis publié par la DCPJ, les personnes concernées sont recherchées dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des faits de financement du terrorisme, d’attentat, de complot contre la sûreté intérieure de l’État, d’association de malfaiteurs et de blanchiment des avoirs.

Arnel Belizaire, un ami de la garde à vue. Retour sur certains faits

L'ancien député Arnel Bélizaire avait été arrêté à Jacmel dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 novembre 2019. Il est appréhendé en compagnie de son frère Clermont Bélizaire et six autres personnes : Jean Pierre Fleure, Pierre Killick Cémélus, Joanel Paul, Garry Phillemond, Mackenton Estoril et Roberson Harry Joanis.

L'ex député de la Commune de Delmas-Tabarre arrêté par la police à Jacquemel, dans la nuit du 29 au 30 novembre 2019.@internet.

Lors de cette arrestation, des armes de guerre ont été confisquées par la police : trois fusils, cinq pistolets, trois grenades, un masque à gaz et douze chargeurs de pistolet. La police a aussi trouvé huit chargeurs de fusil, des munitions, de l’argent liquide et des équipements de communication.

Le prévenu a été transféré à Port-au-Prince en hélicoptère le 30 novembre pour être auditionné 4 décembre 2019 à la Direction Centrale de La Police Judiciaire (DCPJ). Il a été accusé de « complot contre la sûreté intérieure de l’État, de l’Ambassade américaine et de la Brasserie la Couronne » pour avoir proféré des menaces contre ces institutions.

Le complot contre la sûreté de l’Etat est un chef d’accusation rare en Haïti. Cette infraction est punie de dix ans d’emprisonnement au moins et de quinze ans au plus. Il s’agit d’un complot contre la vie ou contre la personne des membres du pouvoir Exécutif, notamment le chef de l’État. Il peut aussi désigner l’intention de détruire ou de changer le gouvernement ou toute incitation à s’armer contre l’autorité du chef de l’État.

La première arrestation connue d’Arnel Bélizaire remonte au 14 septembre 1995. Accusé d’escroquerie et usage de faux, le prévenu était incarcéré à Delmas. Quatre jours plus tard, soit le 18 septembre 1995, il signe une reconnaissance de dette qui permet sa libération. On ignore si l’ordonnance de clôture par rapport à ce dossier a été rendue.

Entre 1998 et 1999, Arnel Bélizaire a été déporté des États-Unis pour « voyage illégal ».

Le 14 octobre 2004, Arnel Bélizaire est accusé de meurtre d’un citoyen haïtien. Il est arrêté par la police nationale et pour détention illégale d’armes de guerre. Ce dossier a été confié à Eddy Darang qui était alors juge d’instruction. Personne ne sait ce qui est advenu de cette affaire.

Le 19 février 2005, l’ancien député ainsi que 481 autres détenus se sont évadés de la prison civile de la capitale. Il s’est réfugié en République Dominicaine. Sans nier avoir quitté la prison lors de cette évasion, Arnel Bélizaire affirmait «cette arrestation était politique ». « J’avais déclaré publiquement avoir laissé la prison », avait-il déclaré.

Le 2 juillet 2005, il est arrêté en République Dominicaine en relation avec une affaire de vol de véhicule et de détention d’armes automatiques illégales. Les autorités dominicaines l’ont remis à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ), le 3 juillet 2005. C’était à la demande du gouvernement haïtien. Le lendemain, Arnel Bélizaire a été envoyé au pénitencier national.

C’était le juge instructeur Napela Saintil qui gérait ce dossier. Présenté par devant la juridiction de jugement onze (11) mois plus tard, soit le 23 juin 2006, il est jugé, condamné et libéré sous le bénéfice de la loi Lespinasse. Selon cette loi, le temps de la prison préventive sera déduite de la condamnation.

Un simple calcul démontre que Arnel Belizaire n’a pas purgé entièrement sa peine. À compter du 2 juillet, ses 18 mois de condamnation devraient s’achever le 2 janvier 2007, soit 549 jours, car, le mois de février 2006 comptait 28 jours. Pourtant, il a fait 356 jours, moins d’une année.

Le 27 octobre 2011, Arnel Bélizaire est encore arrêté en descendant de l’avion à l’aéroport de Port-au-Prince. Il est accusé de s’être évadé de prison en 2005. C’était au moment où il rentrait d’une mission parlementaire tenue en France.

Il est conduit au pénitencier national dans l’après-midi. Il n’est pas mis en cellule, parce que l’administration de la prison estime que les motifs sont insuffisants. Il passe la nuit au greffe de la prison.

Moins de 24 heures après son arrestation, il est conduit par des agents de l’administration pénitentiaire au siège du Parlement. Cette affaire a fait un scandale pour son caractère illégal, arbitraire et inconstitutionnel. Le député a été arrêté sur la base d’un mandat d’arrêt qui ne prend pas en compte son immunité parlementaire.

Après sa libération, Arnel Bélizaire souligne que cette arrestation était politique. Selon lui, il a été blanchi par la justice. « Les documents sont là, disponibles au tribunal de Première instance de Port-au-Prince. »


Par : Vital Nicolas

Principal FM

radioprincipalfm1@gmail.com

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