Haïti-Insécurité | OHDLP dénonce avec indignation la terreur sanglante imposée par les gangs armés dans l’Artibonite

Situation alarmante/ Artibonite 

La République d’Haïti s’enfonce chaque jour un peu plus dans une spirale de violence qui dépasse désormais l’entendement des autorités Étatiques. L’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP), profondément consterné et révolté, élève la voix avec fermeté pour dénoncer les actes de barbarie inqualifiables perpétrés par des gangs armés dans le département de l’Artibonite, notamment à Pont-Sondé, Jean Denis, Pont Benoît et Lester. Ce qui s’y déroule n’est ni un simple épisode d’insécurité ni une flambée de violence passagère : c’est une campagne de terreur organisée, méthodique et déshumanisante.

Les chiffres donnent froid dans le dos : plus de 70 morts, dont plusieurs personnes brûlées vives dans leurs propres maisons ; une trentaine de blessés graves ; des dizaines de disparus ; plus de 600 déplacés forcés de fuir leurs terres dans la panique la plus totale. À cela s’ajoutent des habitations réduites en cendres, des plantations ravagées et des familles entières décimées. Le maire de la commune, Dolores, évoque à lui seul 16 cadavres recensés dans une morgue de Beaubrun. Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des destins anéantis, des communautés entières plongées dans le deuil et la désolation.

L’OHDLP condamne avec la plus grande énergie ces exécutions sommaires qui traduisent une volonté claire d’imposer la terreur comme mode de gouvernance parallèle. Les gangs armés, notamment ceux opérant sous la bannière de “Gran Grif”, agissent avec une brutalité extrême et une audace inquiétante, comme s’ils ne craignaient ni la loi, ni l’État, ni la justice. Ils tuent, incendient, pillent et déplacent des populations entières dans une impunité quasi totale. La situation est tout aussi alarmante dans la localité de Piatre, à Saint-Marc, où des groupes armés identifiés sous le nom de “Talibans” sèment également la mort et la terreur. Ces criminels lourdement armés ont franchi un seuil supplémentaire dans l’escalade de la violence en érigeant un mur sur la Route Nationale #1, bloquant ainsi un axe vital du pays. Ils ont installé des barricades, mis en place des postes de péage illégaux, incendié un centre hospitalier et paralysé les activités économiques et sociales de toute une région.

Ce blocus criminel constitue un acte de guerre contre la population civile. Il empêche la libre circulation des personnes et des biens, entrave l’accès aux soins, isole des communautés déjà vulnérables et aggrave une crise humanitaire qui ne cesse de s’intensifier. Le fait d’incendier un centre hospitalier témoigne d’un mépris absolu pour la vie humaine et les principes les plus élémentaires du droit international humanitaire. Face à cette tragédie, une question fondamentale se pose : où est l’État haïtien ?Comment expliquer qu’un territoire entier puisse être livré à des groupes armés sans que des mesures fortes, coordonnées et efficaces ne soient prises pour protéger la population ? L’OHDLP dénonce un État moribond, incapable d’assumer ses responsabilités régaliennes, notamment celles de garantir la sécurité des citoyens et l’intégrité du territoire national.

Mais au-delà de l’incapacité apparente de l’État, l’OHDLP attire l’attention sur une réalité encore plus troublante : celle de l’impunité systémique qui entoure les véritables architectes de ce chaos. Car ces gangs ne sont pas nés du néant. Ils sont le produit d’un système gangrené où des acteurs politiques, économiques et intellectuels ont, au fil des années, contribué à leur émergence, leur financement et leur consolidation.

Aujourd’hui, ces commanditaires de l’ombre circulent librement, protégés par leurs réseaux et blanchis par une justice défaillante. Ils continuent d’exercer une influence pernicieuse sur les affaires du pays, pendant que les populations paient le prix fort de leurs calculs cyniques. L’OHDLP dénonce avec force cette collusion criminelle qui mine les fondements mêmes de l’État de droit. L’impunité est devenue la norme en Haïti. Elle nourrit la violence, encourage la récidive et envoie un message désastreux : celui que le crime paie, que la vie humaine n’a pas de valeur et que la loi est une illusion pour les plus faibles. Tant que cette impunité ne sera pas brisée, aucune solution durable ne pourra émerger. Dans ce contexte dramatique, l’OHDLP lance un appel urgent aux forces de l’ordre. Il est impératif que la Police Nationale d’Haïti, avec l’appui des autorités compétentes, déploie des moyens conséquents pour reprendre le contrôle des zones affectées, démanteler les groupes armés et rétablir l’autorité de l’État. Il ne s’agit plus de simples opérations ponctuelles, mais d’une stratégie globale, soutenue et déterminée. Cependant, l’OHDLP est conscient que la crise actuelle dépasse les capacités nationales. C’est pourquoi il lance également un vibrant appel à la communauté internationale. Le peuple haïtien ne peut être abandonné à son sort. Il est urgent de mobiliser une aide humanitaire d’envergure pour venir en aide aux victimes : nourriture, soins médicaux, abris d’urgence, accompagnement psychosocial. Mais au-delà de l’aide humanitaire, c’est un engagement politique et sécuritaire fort qui est nécessaire. La communauté internationale doit cesser les demi-mesures et adopter une approche cohérente, respectueuse de la souveraineté d’Haïti mais ferme face aux dérives criminelles. Le soutien à la réforme des institutions, au renforcement de la justice et à la lutte contre la corruption doit être une priorité absolue.

L’OHDLP insiste également sur la nécessité de documenter ces crimes avec rigueur. Les massacres de l’Artibonite ne doivent pas tomber dans l’oubli. Il est crucial de collecter des preuves, d’identifier les responsables et de préparer les bases de poursuites judiciaires, nationales ou internationales. La mémoire des victimes exige vérité et justice. Par ailleurs, l’Observatoire appelle les médias haïtiens et internationaux à jouer pleinement leur rôle. Informer, enquêter, dénoncer : dans un contexte où la peur tend à imposer le silence, la presse demeure un rempart essentiel contre l’obscurantisme et la manipulation. La liberté de la presse doit être protégée et renforcée, car elle est indissociable de la lutte contre l’impunité. Enfin, l’OHDLP s’adresse au peuple haïtien. Malgré la douleur, malgré la peur, il est essentiel de ne pas céder à la résignation. La solidarité, la vigilance citoyenne et l’engagement collectif sont des armes puissantes face à la barbarie. Haïti a traversé de nombreuses épreuves dans son histoire, et c’est dans l’unité et la résistance qu’elle a toujours trouvé la force de se relever.

Aujourd’hui, l’heure est grave. Ce qui se joue dans l’Artibonite n’est pas un événement isolé, mais le symptôme d’un effondrement généralisé qui menace l’existence même de la nation. L’OHDLP refuse de rester silencieux face à cette tragédie. Il continuera de dénoncer, d’alerter et de plaider pour un sursaut national et international. Car il y a urgence. Urgence de sauver des vies. Urgence de restaurer l’autorité de l’État. Urgence de mettre fin à l’impunité. Urgence de redonner espoir à un peuple qui, trop longtemps, a été abandonné. Haïti ne peut pas mourir. Et le silence n’est plus une option.


Par: Alex CALAS

Communicateur, Journaliste, Analyste sociopolitique, Relationniste, Facilitateur des activités événementielles, Défenseur des Droits Humains et Directeur Exécutif de Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP).

Principal FM

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