220e anniversaire de la mort de Dessalines : Alix Didier Fils-Aimé appelle à l’unité nationale et au rétablissement de l’autorité de l’État

À l’occasion du 220e anniversaire de la mort de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la nation haïtienne, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a appelé à l’unité nationale, au rétablissement de l’autorité de l’État et à des actions concrètes pour combattre l’insécurité, lutter contre l’impunité et ramener la paix dans le pays.

Commémoration du 220e


Le chef du gouvernement a présidé, ce samedi 17 octobre, au Palais national, une cérémonie commémorative consacrée à la mémoire de celui qui a joué un rôle déterminant dans la proclamation de l’indépendance d’Haïti en 1804. Cette commémoration intervient dans un contexte national marqué par de graves défis sécuritaires, politiques et institutionnels.

Un appel à traduire l’héritage de Dessalines en actions concrètes

Dans son intervention, Alix Didier Fils-Aimé a insisté sur la nécessité de dépasser les discours commémoratifs pour concrétiser les idéaux de justice, de dignité et de souveraineté associés à l’héritage de Jean-Jacques Dessalines.

« Onore Dessalines, se pa sèlman fè bèl diskou chak 17 oktòb. Se pran angajman pou fè vizyon l lan vivan epi pote revandikasyon pèp la sou zepòl nou », a déclaré le Premier ministre.

À travers ces propos, le chef du gouvernement a exhorté les acteurs nationaux à assumer leurs responsabilités face aux difficultés auxquelles la population haïtienne est confrontée. Il a notamment mis l’accent sur le rétablissement de l’autorité publique, la lutte contre l’impunité et la nécessité de créer les conditions indispensables au retour de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

La sécurité au cœur des priorités gouvernementales

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement entend renforcer les capacités des forces nationales pour faire face aux groupes armés et favoriser le rétablissement de l’ordre public.

Selon les annonces présentées lors de la cérémonie, l’exécutif mise sur la formation de 4 000 policiers par an dans le cadre du programme P4000. Il prévoit également la formation de 15 000 soldats au cours des trois prochaines années.

Parallèlement, les autorités haïtiennes appellent leurs partenaires internationaux à soutenir le déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG), tout en renforçant les efforts visant à freiner le trafic illicite d’armes et le financement des groupes armés.

Pour le Premier ministre, le retour à la paix ne saurait être envisagé sans une action déterminée contre les réseaux qui alimentent la violence et contribuent à l’affaiblissement des institutions.

« Nou pa ka pale de lapè pandan zam ilegal ap antre sou tèritwa nou epi moun ki dèyè yo kontinye rete san pinisyon », a-t-il martelé.

Cette déclaration traduit la volonté affichée du gouvernement de faire de la lutte contre les circuits d’approvisionnement en armes et contre l’impunité des éléments essentiels de sa stratégie sécuritaire.

120 millions de dollars annoncés pour le processus électoral

Au-delà des enjeux sécuritaires, le Premier ministre a également évoqué la nécessité de rétablir le fonctionnement démocratique des institutions à travers l’organisation des élections.

Dans cette perspective, le gouvernement annonce une enveloppe de 120 millions de dollars américains inscrite au budget 2026-2027 pour soutenir le processus électoral et accompagner le Conseil électoral provisoire (CEP).

Cette annonce intervient alors que la perspective d’élections représente un enjeu majeur pour le retour à un ordre institutionnel démocratique en Haïti. Le financement annoncé devra contribuer au soutien du processus électoral, tandis que les autorités restent confrontées à la nécessité de créer un environnement sécuritaire favorable à la participation des citoyens et au déroulement des opérations électorales.

Toutefois, la concrétisation de ces ambitions dépendra notamment de la mise en œuvre effective des mesures annoncées, de la mobilisation des ressources nécessaires et de l’évolution de la situation sécuritaire.

Un appel à la solidarité nationale

En conclusion de son intervention, Alix Didier Fils-Aimé a réitéré son appel à la solidarité et à la responsabilité collective, estimant que la réalisation des idéaux de Jean-Jacques Dessalines passe par l’engagement de l’ensemble des forces vives de la nation.

« Se nan lapè, nan inite ak solidarite n ap rive reyalize ideyal Dessalines lan. Ann mete zepòl nou ansanm pou nou bati yon Ayiti kote lavi, lapè ak diyite chak moun gen valè ! », a conclu le chef du gouvernement.

Deux cent vingt ans après la mort de l’Empereur, la commémoration du 17 octobre rappelle ainsi l’importance de l’indépendance, de la souveraineté nationale et de la dignité du peuple haïtien. Mais au-delà des cérémonies officielles et des déclarations, les attentes de la population demeurent considérables : retrouver la sécurité, bénéficier d’une justice effective et vivre dans un pays où l’autorité de l’État s’exerce sur l’ensemble du territoire.

La portée des engagements annoncés par le gouvernement sera donc appréciée à l’aune de leur mise en œuvre et de leurs résultats concrets pour la population haïtienne.

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