Justice, hygiène et dignité : un tribunal de proximité peut-il remplir pleinement sa mission dans un environnement insalubre ?
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Le Tribunal de paix de Pétion-Ville, institution appelée à jouer un rôle essentiel dans le règlement des conflits de proximité, se retrouve au cœur d’une interrogation préoccupante : celle des conditions d’hygiène et de salubrité dans lesquelles évoluent les justiciables et les professionnels du droit.
Lorsque des mouches et des cafards s’invitent dans un espace destiné à accueillir des citoyens en quête de justice, le problème dépasse largement le simple désagrément. Il soulève des questions fondamentales sur la dignité des institutions judiciaires, le respect des usagers et les responsabilités des autorités chargées d’assurer le bon fonctionnement des services publics.
Une situation qui interpelle
Un tribunal n’est pas un bâtiment ordinaire. C’est un lieu où se rencontrent des citoyens confrontés à des différends, des personnes parfois vulnérables, des avocats, des magistrats et des auxiliaires de justice. Chacun est en droit d’attendre un environnement propre, salubre et compatible avec le sérieux de la mission judiciaire.
La présence de nuisibles dans un tel espace, lorsqu’elle est constatée, constitue un signal d’alerte qui ne saurait être ignoré. Elle peut révéler des insuffisances dans l’entretien des locaux, la gestion des déchets, l’assainissement ou la mise en œuvre de mesures élémentaires de prévention sanitaire.
Au-delà de l’inconfort, l’insalubrité peut également susciter des inquiétudes concernant les risques sanitaires, notamment lorsque les locaux sont fréquentés quotidiennement par un nombre important de personnes.
La justice mérite un cadre digne de sa mission
La justice ne se mesure pas uniquement à la qualité des décisions rendues. Elle se manifeste aussi dans l’accueil réservé aux citoyens, dans le respect accordé aux professionnels qui la servent et dans les conditions matérielles permettant à l’institution de fonctionner convenablement.
Comment exiger du citoyen qu’il respecte l’institution judiciaire si l’environnement dans lequel il est reçu ne répond pas aux exigences élémentaires de propreté et de dignité ?
Cette interrogation mérite d’être posée sans complaisance, mais également sans accusation prématurée. Les magistrats et les employés judiciaires ne sont pas nécessairement responsables des conditions matérielles dans lesquelles ils exercent leurs fonctions. Ils peuvent eux-mêmes subir les conséquences de locaux mal entretenus ou de moyens insuffisants.
Il importe donc d’identifier les responsabilités administratives concernées et de déterminer les mesures nécessaires pour remédier à toute situation d’insalubrité avérée.
Un appel à la responsabilité
La situation évoquée au Tribunal de paix de Pétion-Ville, appelle une réponse rapide et concrète des autorités responsables du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique et du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire.
Face à la honte, il est urgent pou le MJSP et le CSPJ de trouver un autre local devant loger le tribunal de paix de Pétion-Ville. Car, il ne s'agit ni de stigmatiser les agents judiciaires ni de porter atteinte à l'image de la justice haïtienne. Il s'agit plutôt de rappeler qu'une institution aussi fondamentale ne peut être durablement crédible si les conditions élémentaires d'hygiène et de dignité ne sont pas garanties.
Quand les mouches et les cafards semblent trouver refuge dans un tribunal, ce n'est pas seulement une question de propreté qui se pose : c'est aussi l'exigence de respect due à la justice et aux citoyens qu'elle est appelée à servir.
Pétion-Ville mérite un tribunal accueillant, propre et fonctionnel. Les justiciables méritent d'être reçus dans la dignité. Et la justice haïtienne mérite des infrastructures à la hauteur de sa mission républicaine.
Par: Vital NICOLAS
PRINCIPAL FM
radioprincipalfm1@gmail.com
