En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), dirigé par Serge Gabriel Collin, multiplie les rencontres avec les partenaires internationaux afin de mobiliser des ressources financières adaptées aux besoins d’Haïti. Au cœur des discussions : le maintien des financements concessionnels, le renforcement de la résilience économique et climatique ainsi que la création d’emplois dans un contexte marqué par de profondes difficultés sécuritaires, humanitaires et économiques.
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Le MEF défend le maintien des financements concessionnels
Au cours des échanges avec les équipes de la Banque mondiale, le ministre Serge Gabriel Collin a mis en avant le dynamisme du portefeuille de projets en cours en Haïti et les possibilités d’accélérer leur mise en œuvre.
Le titulaire du MEF a insisté sur la nécessité de préserver les conditions concessionnelles accordées au pays, notamment les financements sous forme de dons. Selon l’argumentation défendue par la délégation, un durcissement des conditions de financement pourrait fragiliser davantage les efforts engagés pour soutenir l’économie et répondre aux besoins urgents de la population.
Cette démarche vise à obtenir un accompagnement financier qui tienne compte de la situation particulière d’Haïti, confrontée à une crise multidimensionnelle qui limite ses capacités de mobilisation de ressources internes et de financement du développement.
Les petits États au cœur des discussions
La question de l’accès aux financements a également occupé une place importante lors du Forum des petits États. Cette rencontre, à laquelle participent notamment des ministres, des gouverneurs de banques centrales, des administrateurs de la Banque mondiale et des partenaires au développement, a permis d’aborder les défis spécifiques auxquels sont confrontées les économies vulnérables.
Les discussions ont notamment porté sur la mobilisation des capitaux privés, la création d’emplois et la mise en œuvre de stratégies susceptibles de renforcer la croissance économique.
La délégation haïtienne a plaidé pour un accès plus rapide et plus prévisible aux ressources concessionnelles. Elle a également défendu une meilleure prise en compte de la vulnérabilité des pays dans les critères utilisés pour répartir les financements internationaux.
Pour Haïti, l’enjeu consiste à faire reconnaître que les besoins de financement ne peuvent être évalués uniquement à partir des indicateurs économiques traditionnels, sans tenir compte des crises sécuritaires, des catastrophes naturelles et des contraintes structurelles qui affectent les capacités de développement.
Haïti et les pays de la Caraïbe veulent peser davantage
Intervenant au Forum du Caucus caraïbe, le ministre Serge Gabriel Collin a appelé les pays de la région à renforcer leur coordination auprès des institutions financières internationales.
L’objectif est de défendre une position commune en faveur de mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités des économies caribéennes, particulièrement exposées aux chocs climatiques, économiques et sociaux.
Cette démarche régionale vise à mieux faire valoir les difficultés rencontrées par les petits États et à promouvoir des solutions financières tenant compte de leur vulnérabilité ainsi que de leurs ressources limitées.
Le financement climatique, un autre défi majeur
Les discussions avec le groupe CVF-V20 ont également permis à la délégation haïtienne de réaffirmer son engagement en faveur du Plan de prospérité climatique (PPC).
Le MEF souligne l’importance de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce plan, notamment pour financer les mesures d’adaptation aux changements climatiques et renforcer la capacité du pays à faire face aux catastrophes naturelles.
Pour Haïti, où les risques climatiques constituent une menace supplémentaire pour les infrastructures, l’agriculture et les conditions de vie de la population, l’accès aux financements climatiques représente un enjeu majeur.
La délégation entend ainsi promouvoir une approche qui associe les financements concessionnels traditionnels aux ressources consacrées à la lutte contre les changements climatiques.
Le FMI appelé à adapter son accompagnement aux réalités haïtiennes
Avec le Bureau indépendant d’évaluation du FMI, les représentants haïtiens ont partagé leur expérience de l’accompagnement du Fonds dans un contexte de fragilité institutionnelle et économique.
À cette occasion, la délégation a plaidé pour un soutien flexible, durable et adapté aux capacités nationales. Une telle approche devrait permettre d’accompagner les réformes économiques tout en tenant compte des contraintes particulières auxquelles le pays est confronté.
L’objectif affiché est de favoriser la continuité de l’appui international et de consolider les progrès réalisés, sans imposer des exigences déconnectées des réalités du terrain.
Les PME et la création d’emplois au centre d’un partenariat international
Autre point important des échanges : le cadre de coopération entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale.
Lors d’un petit-déjeuner ministériel consacré à ce partenariat, la délégation haïtienne a salué la sélection d’Haïti parmi les cinq pays pilotes de cette initiative.
Le programme vise notamment à améliorer l’accès des petites et moyennes entreprises au financement et à favoriser la création d’emplois.
Pour l’économie haïtienne, le renforcement des PME constitue un enjeu important, ces entreprises pouvant contribuer à la production nationale, à la création de revenus et à l’élargissement des possibilités d’emploi. Toutefois, leurs perspectives de développement restent étroitement liées à l’accès au crédit, à la stabilité économique et à l’amélioration de l’environnement des affaires.
Des financements à transformer en résultats concrets
À travers sa participation aux Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le ministère de l’Économie et des Finances cherche à renforcer les partenariats financiers d’Haïti et à défendre des mécanismes de soutien mieux adaptés aux priorités nationales.
Le MEF met en avant la complémentarité entre les financements concessionnels, les ressources climatiques et les investissements privés. Il insiste également sur la nécessité d’aligner les appuis internationaux sur les priorités du gouvernement et de renforcer les capacités nationales de mise en œuvre.
Au-delà des rencontres diplomatiques et des engagements financiers recherchés, le principal défi reste toutefois celui des résultats. Pour la population haïtienne, les retombées de ces démarches devront se traduire par des investissements effectivement réalisés, une amélioration des services publics, un soutien concret aux entreprises et de nouvelles possibilités d’emploi.
Dans un pays confronté à une crise prolongée, la mobilisation de ressources internationales constitue un levier important. Mais son efficacité dépendra aussi de la capacité des autorités à assurer une gestion rigoureuse des fonds, à accélérer l’exécution des projets et à garantir que les financements obtenus répondent aux besoins prioritaires de la population.
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