Alors que le Premier ministre avait lui-même signé une circulaire en mars 2026 pour restreindre les voyages officiels face aux contraintes budgétaires, ses actes viennent de contredire brutalement ses propres engagements, révélant un mépris souverain pour les deniers publics. Pendant que la population haïtienne étouffe sous le poids d'une crise humanitaire sans précédent, les priorités du gouvernement de facto d’Alix Didier Fils-Aimé viennent de franchir le seuil de l'indécence.
Pour assister au premier match de la sélection nationale aux États-Unis, le chef du gouvernement a mobilisé une délégation pharaonique de plus d’une vingtaine de personnes. Six ministres clés (MEF, MAEC, MSPP, MHAVE, MTPTC, MCI) ont déserté leurs bureaux, rapidement rejoints par six autres ministres pour la rencontre de vendredi face au Brésil. Voyageant à bord d’un jet privé charter, le Premier ministre s’octroie des frais de représentation astronomiques de 20 000 dollars américains par jour versés par la Primature, tandis que le Consulat général d'Haïti à Boston est sommé de couvrir le reste des dépenses. Ce déploiement de faste insolent, entièrement financé par l'État, insulte la misère d'une nation en faillite.
Pendant que les caisses publiques saignent pour le divertissement de la haute fonctionnaire, un vide institutionnel abyssal s’est installé sur le territoire. Ce manque cruel de services publics crée un contraste aussi saisissant que terrifiant sur le terrain : dans des zones totalement abandonnées comme la Croix-des-Bouquets, ce sont désormais les chefs de gang qui se substituent à l'État pour distribuer de l'aide et répondre aux besoins de survie de la population. Qu'un chef de bande armée endosse le rôle de l'assistance sociale face à des ministères démissionnaires et en voyage démontre la capitulation totale et l'effondrement moral de nos institutions.
Ce voyage de la honte marque le point de non-retour d’un exécutif qui a totalement perdu le sens des réalités. En abandonnant les commandes du pays pour les tribunes VIP de Boston, le régime de facto démontre qu'il préfère la fuite en avant budgétaire au sauvetage d'un peuple aux abois. Laisser les clés de l’aide sociale aux seigneurs de guerre pendant que les ministres s’envolent en jet privé n’est plus seulement de la mauvaise gouvernance, c’est une faillite morale absolue. Le message envoyé aux Haïtiens est clair : l'État n'existe plus que pour ses privilèges.
Par: Max wood Cangé
Principal FM
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