En modifiant unilatéralement le décret électoral avant sa publication au journal officiel, le gouvernement vient de commettre un acte d'une extrême gravité. Sous couvert d'un prétendu droit d'objection, l'Exécutif a délibérément choisi de travestir la Constitution de 1987. Cette manœuvre ne vise qu'à protéger des intérêts politiques partisans, au mépris total des règles démocratiques les plus élémentaires.
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La Charte fondamentale ne souffre pourtant d'aucune ambiguïté. Son article 191 confie au Conseil Électoral Provisoire (CEP) la mission exclusive d'organiser et de contrôler les opérations électorales en toute indépendance. Cette indépendance implique obligatoirement le pouvoir de rédiger les règles du jeu. En s'arrogeant le droit de réécrire ce texte technique, le gouvernement commet un détournement de procédure inacceptable. Le droit d’objection de l'Exécutif n'est pas un permis de falsification législative.
Cette ingérence dépouille le CEP de sa souveraineté institutionnelle. Elle réduit l'arbitre électoral au rang de simple exécutant sous tutelle ministérielle. Comment espérer des élections crédibles, transparentes et inclusives si le pouvoir en place dicte lui-même les lois qui régiront sa propre évaluation devant le peuple ? C'est le principe même de la séparation des pouvoirs qui s'effondre sous nos yeux.
L’histoire nous enseigne que les crises politiques majeures naissent toujours de processus électoraux viciés à la base. En maintenant ce décret dénaturé, le gouvernement prend la responsabilité de plonger le pays dans une nouvelle impasse institutionnelle. Il est urgent que l'Exécutif recule, retire ce texte de la discorde et restitue immédiatement au CEP ses prérogatives exclusives. On ne bâtit pas la démocratie sur le viol de la Constitution.
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Principal FM
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