Àtravers plusieurs plateformes numériques et dans divers forums une vidéo montrant des responsables des Forces Armées d’Haïti ( FAd’H ) procédant au désarmement et au déshabillage de deux militaires, dont les uniformes ont été déchirés en public, en présence du Ministre de la Défense et d’autres autorités militaires, lors d’une cérémonie qui semblait soigneusement organisée. Selon les informations qui circulent, ces militaires seraient impliqués dans une affaire de vol de sacs de sucre.
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| Deux soldats des FAd'H en noires ont été humiliés sous les projecteurs des cameras de la presse, vendredri 5 juin 2026 à Clercine, Port-au-Prince. @ Principal FM. |
Que si ces informations sont confirmées à l’issue des enquêtes nécessaires, cette action est considérée comme un signe révélateur de la volonté du commandement de renforcer la discipline, l’éthique et le sens des responsabilités au sein de l’institution militaire. Toutefois, il est également important de réfléchir à la manière dont les sanctions sont appliquées afin qu’elles demeurent conformes aux principes des droits humains et au respect de la dignité de chaque citoyen.
Pendant plusieurs décennies, l’armée haïtienne a souvent fait l’objet de critiques dans l’opinion publique. Certains ont soulevé des préoccupations liées à la discipline, aux abus d’autorité et à l’impunité. C’est pourquoi, lorsque le commandement manifeste sa détermination à sanctionner tout membre qui violerait les règles et les principes de l’institution, cela envoie un message clair : aucun uniforme ne doit servir de protection contre la responsabilité.
La force d’une armée ne se mesure pas uniquement à son arsenal ou à ses capacités opérationnelles. La véritable force d’une institution militaire repose sur la discipline de ses membres, l’intégrité de ses cadres, son professionnalisme ainsi que la confiance que la population lui accorde.
Lorsqu’une institution démontre sa capacité à prendre des mesures contre les comportements répréhensibles commis dans ses propres rangs, elle contribue à renforcer sa crédibilité et son autorité morale.
Dans un pays qui cherche à reconstruire ses institutions, les questions de moralité, d’exemplarité et de leadership responsable ne peuvent être négligées. Chaque agent de l’État, qu’il soit militaire, policier, juge, magistrat ou tout autre fonctionnaire public, doit comprendre que le service public n’est pas un privilège, mais une responsabilité majeure envers la nation.
Cependant, il est nécessaire d’établir une distinction entre une sanction disciplinaire et une humiliation publique. Même lorsqu’une personne est reconnue coupable, elle demeure un citoyen titulaire de droits fondamentaux qui doivent être respectés. C’est pourquoi la volonté de combattre l’indiscipline et les comportements déviants , tout en insistant sur la nécessité de respecter le principe de la présomption d’innocence, le droit à une enquête sérieuse et impartiale, ainsi que la dignité humaine est un bon pas vers la bonne direction.
Deux soldats qui aurait volé 4 sacs de sucres ont été punis, humiliés et révoqués sans avoir eu le pouvoir défendre convenablement. Cet acte, loin d'être une sanction administrative, constitue une violation flagrante des principes fondamentaux des droits de l'Homme « justice pour tous », seul un tribunal compétant habilité à statuer sur les accusations portées contre un individu.
Il faut également penser à l’implémentation de la cour martiale afin de renforcer la discipline institutionnelle et de garantir le traitement approprié des infractions relevant du domaine militaire. Une telle juridiction permettrait de juger les manquements graves commis par les membres des forces armées, tout en assurant le respect des principes de justice, de responsabilité et d’ordre au sein de l’institution.
La justice ne doit pas seulement être rendue ; elle doit également apparaître comme un processus juste, équitable et respectueux des droits de chacun. C’est ce qui fait la différence entre une mesure disciplinaire qui renforce l’institution et une action susceptible de soulever des interrogations quant au respect des principes juridiques et éthiques.
Il est de bon ton pour que le Ministère de la Défense ainsi que le Haut Commandement des Forces Armées d’Haïti (FAd'H) poursuivent leurs efforts en faveur de la professionnalisation de l’institution, sans favoritisme, sans partialité et avec le même niveau de rigueur pour tous, quel que soit le grade ou la fonction occupée.
Partant de ce constat, il est souhaitable que toutes les jeunes femmes et tous les jeunes hommes qui aspirent à intégrer les FAd'H comprennent que porter l’uniforme ne confère pas seulement de l’autorité; cela exige également du sacrifice, de la discipline, de l’honnêteté, du respect de la loi et une conduite exemplaire. C’est à cette condition qu’une armée peut devenir une institution solide, respectée, professionnelle et véritablement au service du peuple et de la nation.
Par: Jean Marie GAUDAR
Principal FM
radioprincipalfm1@gmail.com
